
A l’heure actuelle, cette pratique est largement condamnée par les puristes. Ces derniers estiment que les briques doivent suffire à elles seules à construire tout ce que l’on peut imaginer avec seulement les briques que LEGO produit. Cette argumentation tient tout à fait la route au regard du nombre de couleurs et de pièces existantes sur le marché. Mais qu’est-ce qui pousse ces AFOLs à choisir de peindre plutôt que de se contenter des pièces existantes ?
A) Un manque de pièces dans certaines couleurs.
Pour l’instant deux évènements m’ont obligé à utiliser cette méthode.
Tout d’abord, comme tous les enfants je reste rêveur de pouvoir faire tout ce que j’ai envie avec mes pièces LEGO. Longtemps je me suis toujours sous-estimé dans la réalisation de MOCs et donc je suis resté un grand collectionneur de sets officiels. Et pourtant aujourd’hui je tends à réaliser du MOC et je vous parle de peindre vos pièces. Serait-il devenu fou ? Non, il s’agit simplement grâce notamment à des groupes d’AFOLs comme FreeLUG d’évoluer et de s’ouvrir à tous les horizons.

1) Combler un rêve de gosse.
Depuis tout petit j’ai toujours été fasciné par l’esthétique des engins militaires dont notamment les avions F-16 et F-14. Mais l’admiration pour le métier de motard de la gendarmerie m’a toujours poursuivi.
Comment peut-on faire quand les couleurs LEGO ne donne pas la possibilité de réaliser son rêve ? Le bleu gendarmerie est vraiment spécifique donc je n’ai pas eu le choix. De plus travaillant en parallèle sur la couleur Maersk, j’ai constaté que très peu de pièces existent dans cette couleur. Donc j’ai pris la décision d’avoir recours à une peinture professionnelle.
2) L’évolution du LEGO vers le modélisme.
Ne nous voilons pas la face, de plus en plus les Mocs cherchent à être d’un réalisme surprenant. La peinture et les autocollants font partie sans nul doute d’une tentation de plus en plus fréquente. Surtout dans les modèles du thème du train. Cela dit, changer la couleur d’une pièce n’enlève rien à sa forme de départ.
Personnellement, la seule dénaturation la plus contestable est la création de nouvelles pièces non officielles à partir d’existantes. Le charcutage n’est plus LEGO mais du pur maquettisme.
Et encore peut-on encore rejeter ces pratiques, elles même utilisées par les designers de chez LEGO ?
B) Redonner la vie à ses pièces.
Je me souviens encore de la conversation que j’ai eu avec Pierre Normandin (QuéLUG) sur l’utilisation des pièces LEGO. Il m’avait dit que son choix se porte quasiment à 100% sur des pièces neuves quand il construisait.
1) Le goût de luxe ?
Cette réflexion de Pierre m’avait paru bizarre. Mais c’est en pratiquant Bricklink (magasin non officiel LEGO) que j’ai compris le pourquoi du comment. Il est vrai que beaucoup d’entre nous utilisent les puces, vide-greniers ou ebay pour avoir du vrac LEGO. Dans ce genre d’achats, les pièces sont plus où moins neuves voire décolorées. Avec Bricklink les pièces sont soit neuves soit quasi-neuves. Quand on commence à pratiquer l’achat de pièces neuves il est alors très difficile d’utiliser son vrac usagé tellement les pièces neuves au touché sont bien douces et belles.
Que faire alors avec des "mauvaises pièces" ?

2) Chaque brique à sa place dans ce monde.
C’est l’un de mes principes : tout doit servir. La peinture donne une seconde jeunesse aux briques rejetées faute de belle couleur. Avec la peinture, non seulement les pièces redeviennent neuves mais en plus elles ont une couche de protection à l’usure. C’est pour cela que dans mes choix de pièces à peindre je privilégie autant que je peux les pièces qui ont perdu de leur couleur ou des pièces rayées ou abîmées.
Mais comment faire pour avoir un très bon résultat ?

Bien évidemment si sacrilège il y a, autant le faire de façon correcte et professionnelle. Pour faire accepter les choses, il faut un résultat bluffant.
A) Origine de la technique.
Il se trouve que je travaille dans un lycée professionnel de l’automobile et que mes élèves travaillent sur la carrosserie/peinture. Un jour j’ai dû faire repeindre une partie de ma voiture. Ma curiosité était telle que j’ai posé la simple question de savoir si mes pièces de LEGO pouvaient se peindre. La réponse fut oui avec le détail sur la façon de faire.
B) Peindre sur du plastique, les étapes.
1) Nettoyage des pièces.

Il n’y a pas de conseil particulier mais toutes les techniques sont bonnes de la machine à laver au lavage avec de l’eau froide avec de la javel avec une brosse à dent.
(Remarque sur l’eau chaude : l’eau chaude a certes son efficacité mais en séchant, le calcaire peut laisser des traces. Si vous lavez à l’eau chaude, rincez à l’eau froide et faites sécher)
On nettoie ses pièces pour deux raisons : enlever les saletés qui pourraient être visibles sous la peinture et enlever "l’huile" des mains (opération de dégraissage, pouvant se faire avec un liquide de dégraissage).
2) Tamponner les pièces.
Une fois sèches, toutes les pièces doivent être tamponnées. C’est l’exercice le plus long. L’opération consiste à la finition du nettoyage et de la rayure des pièces. Le tampon est une sorte d’éponge plate rugueuse. Il faut appliquer ce tampon partout où la peinture sera mise. Il faut donc micro-rayer les pièces pour faire accrocher les peintures et enlever les résidus gênants.

3) Mélange peinture et durcisseur.
a) création de la peinture
Il faut maintenant préparer la peinture. Il s’agit ici d’une peinture voiture mais vous pouvez prendre d’autres peintures de professionnels (peinture pro pour matière plastique d’une maison etc.). Bien évidement la couleur de la peinture voulue doit être préparée par un spécialiste. Généralement deux techniques peuvent être utilisées :
soit par le système de jeu de couleurs : il y a des couleurs référencées, il suffit de prendre la couleur s’approchant le plus (système du nuancier).
soit par spectrographie : un appareil se place sur la surface de la carrosserie et indique avec une grande précision la composition pour réaliser la peinture.

Remarque : pour mon projet Maersk, comme j’ai la peinture bleu Maersk pour intérieur maison, cette base va permettre aux peintres de voiture de réaliser la même couleur mais version voiture.
b) peinture prête à l’usage
Une fois la peinture brute fabriquée, il faut rajouter un durcisseur pour donner de la résistance à la peinture. Cela permet une meilleure longévité et d’éviter une peinture craquelée.
Je vous conseille à cette étape de travailler dans un endroit sans poussière et prendre des vêtements spéciaux de telle sorte à ne pas "contaminer" les pièces (cheveux, bout de laine etc.).
4) Mise en place de l’apprêt.

C’est un liquide permettant une meilleure adhésion de la peinture sur les pièces. Il suffit de prendre de l’apprêt en bombe vaporisant et de l’appliquer sur les pièces LEGO.
5) Mise en peinture des pièces.

Là encore rien ne doit être négligé. Le meilleur procédé (en dehors de l’usage industriel par immersion) consiste à utiliser le plus petit des pistolets à projection. La projection avec pistolet et compresseur doit avoir une projection la plus faible possible pour deux raisons :
trop de perte de peinture si trop grosse projection
trop de couches de peinture sur les pièces.

Le plus fin des pistolets peinture (finition ou petite pièce sur voiture) coûte autour des 400 euros.
La vitesse d’exécution doit être très rapide : deux passages rapides sur la pièce doivent suffire.
6) Séchage.

Une fois la peinture mise, faire sécher dans un environnement chaud (50°) pendant 1h.
7) Prêtes à l’usage.

Vous pouvez maintenant les utiliser en montage. Seule petite remarque, les tenons étant à usage de frottement la peinture risque de partir dès le premier usage. Gardez toujours un fond de peinture et utilisez un pinceau fin pour ce genre de désagrément.
Si vous devez peindre plusieurs pièces comme un mur de briques mieux vaut construire votre édifice et mettre la peinture après plutôt que de peindre une par une toutes les pièces sélectionnées par vos soins. De plus, peindre à la pièce donne la sensation d’une pièce collée ou difficile à mettre en place.
L’usage de la peinture est très très minoritaire dans le monde des AFOLs et il y a encore un long chemin pour faire accepter cela mais au moins la peinture a le mérite d’être créatrice à son tour de modèles LEGO (usage surement utilisé par les designers de chez LEGO S.A.).
J’ai testé pour vous deux techniques de peinture différentes :
l’une avec peinture voiture ;
l’autre avec peinture pour intérieur de maison.
L’avantage de la première est sa brillance et sa résistance, l’avantage de la seconde est l’absence du besoin de rayer les pièces et il est plus facile de trouver la couleur exacte. Après réflexion, la peinture voiture semble la mieux adaptée à nos besoins (coût entre 200 à 400 euros selon le modèle à peindre, main d’oeuvre comprise).
Pour le premier résultat de la peinture Maersk, rendez-vous à Orléans les 8 et 9 novembre 2008 au grand salon du train.
Le mot de la fin
Robert Frost disait : "deux chemins s’ouvraient à moi, je pris celui où on allait pas".
http://www.brickshelf.com/cgi-bin/g...
http://www.brickshelf.com/cgi-bin/g...
http://www.brickshelf.com/cgi-bin/g...
Peindre des pièces Lego est un blasphème selon moi.
Quand on fait des Lego, on ne fait pas du modélisme.
Ben oui, il y a de belles constructions (surtout celles sans stickers et consors). Mais l’essence même du Lego c’est de toute faire avec pas grand chose (comprendre avec des pièces élémentaires).
Ainsi, les métapièces sont une mauvaise chose en Lego (y’a qu’à voir les engins de chantier City de 2009...), et les stickers, j’en parle même pas (ca ne devrait même pas exister). Mais alors la peinture...
ELTEP, n’est-ce pas votre philosphie chez Freelug ?
ELTEP, oui, c’est bien un de nos slogans. Libre à chacun de l’extrapoler en disant que même en LEGO, la peinture ou le charcutage est possible :o)
Quant aux engins de chantier City 2009, je ne porterais pas le même jugement. Les éléments visiblement modulables de la flèche de la grue sur chenilles sont à mon avis d’un grand intérêt.
Hof... Bah le charcutage, c’est du même acabit pour moi : ca ne devrait pas exister ! ^^
Pour les métapièces, je trouve ca vraiment dommage que l’on en voit de plus en plus. Ca met l’aspect construction completement au second rang, ce qui, quoi que l’on puisse en penser, contraire à l’esprit Lego.
Dans les années 2000, l’utilisation massive des métapièces (entre autres) a clairement contribuer à produire des sets sans intérêt (les ventes the TLC ont d’ailleurs terriblement chuté à cette époque). La métapièce, c’est la grosse solution de facilité. :(
Très bel article, mais très peu pour moi. J’ai quitté le monde du maquétisme pour ne plus avoir à peindre, justement. Par contre, il y a une chose interressante, c’est de pouvoir redonner vie à des pièces blanches devenue sable.....
Sinon, une petite remarque. Il est dit dans l’article, que l’on cherche à se rapprocher de la réalité, et justement, il est montré une moto simplement peinte en rouge. Alors, pourquoi pas, du temps qu’on y est, peindre la selle en noir mat, et le pot d’échapement en chromes. La sortie creusé devrais avoir un bel effet, aussi......
Voilà pour mon avis....
Tout dépend si le Lego est vu comme une fin ou un moyen :
si c’est une fin, c’est-à-dire si l’enjeu est d’arriver à faire le maximum avec des briques existantes, à être le plus inventif possible dans les limitations de la brique, à se dépasser, alors oui, peindre les briques est sacrilège car on ne respecte plus les règles du jeu (partant de là, on peut couper les pièces, rajouter du non-Lego, etc. etc.) (je pense aux développeurs qui se lancent encore des challenges sur de vieilles machines comme l’Amstrad CPC : pour eux, l’enjeu est de se dépasser dans les limites "physiques" connues de la machine, par d’avoir un ordi puissant !) ;
si c’est un moyen, si la pièce Lego est juste un outil facile et polyvalent pour créer des modèle, alors en effet on peut se permettre de peindre, couper, coller, etc.
Pour ma part, j’avoue que le préfère les MOC de puristes ! Ils n’en sont que plus étonnants...
En général, chacun aime customiser son propre MOC, d’autant plus que cela nous fait passer du temps tres amusant, mais le lego que l’on peint, que l’ont "charcute" comme vous dites, eh ben il reste toujours le lego, sauf qu’il a changé d’apparence, comme pour l’esthetique, car si un lego "charcuté " n’en est plus un, alors les gars qui sortent de l’esthetique ne sont plus humains, en gros c’est sa ! Mais, dans le lego modifié comme je l’appelle, il reste un lego quand meme car nous ne l’avons pas detruit, nous l’avons modifié a nos propres besoins.
Pur exemple, depuis tout petit, je me passionne des chars dela seconde guerre mondiale, je n’hesitais pas a modifier mes pieces, c’est a dire, peindre, et tres rarement, couper un ou deux trucs, mais cela se fait pour les cas extremes ! Au final, mes Sherman n’avait pas l’air de comporter des pieces modifiées, cela etant que mon père etait Béa de la possibilitée de modifier Sans detruire notre lego.
Récemment j’ai acheté un set sur Internet et certaines pièces (des plates 2 X 8) avaient le bout mordillé ou cassé. J’ai du les couper pour les transformer en 2 X 6, j’ai même une 2 X 7 maintenant :)
Autre problème : les armes couleur argent. Lorsqu’elles sont vraiment usées, on peut voir le plastique blanc sous la peinture et dire adieu au prestige d’Excalibur... Une fois repeinte en or, une pièce usée est beaucoup plus agréable à regarder.
Sinon, pour ceux qui tiennent absolument à ne pas modifier leurs pièces, il est possible d’utiliser d’autres matériaux que le Lego. Pour l’école, je devais représenter des bureaux de vote (j’ai choisi Lego), mais pour faire les bonnets phrygiens j’ai pris une pâte maléable.
De tout façon, sur les bateaux faut tout peindre sinon ça rouille !
Mais quand même très déçu que même les puristes commencent aussi à peindre ! Mais que fait le police de LegoCity ?
cdhd alias DCC (Dremel, Colle, Cuter )